Jeudi 13 Mai 1999, je viens d'avoir 10 ans. 10 ans. 10 années. 10 ans.
Ma mère et ma grand-mère m'offrent un poste radio qui fait lecteur CD, la grande classe pour l'époque, ce poste trône encore dans ma chambre.
En 10 ans, il s'en est passé des choses, et à l'aube de mes 20 ans (erf) un bilan s'impose ...
« Et on fait le bilan calmement, s'remémorant chaque instant, parler des histoires d'avant comme si on avait 50 ans ... ».
Jeudi 13 Mai 1999, je viens d'avoir 10 ans. Action.
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9 ans. Pas encore toutes mes dents. Je suis au CE2 et je reste la meilleure de ma classe. Je viens de ressortir d'une double fracture (tibia-péroné), fâcheux accident de patinoire.
J'ai un petit frère, Alexandre, et lui vient d'avoir 4 ans. Nous habitons rue du Fonteno. Nous ? Ma famille. Je suis à l'aube de ma deuxième décennie, celle qui changera tout, définitivement.
10 ans. Mes parents se déchirent. Je ne vois pas mon père pendant 1 an. Je rencontre celui qui deviendra mon beau père, mon allié, pour les 10 prochaines années.
Ma mère m'embarque, nous partons, nous quittons notre rue, notre ville, notre vie et nous allons habiter chez ma grand-mère. Je change d'école et perd ainsi tout ceux qui comptent pour moi. Julien. Emma. Sarah. Myriam. Ryan. Vivien ...
Pas un au revoir. Pas une explication. Ma décennie commence mal.
Je suis en CM1, premier jour d'école, j'me trompe de classe. OK.
Ecole sinistre. Je trouve. OK.
Mes notes chutent, j'me trouve mal. OK.
J'ai 10 ans ...
2000, renouveau.
Je retrouve mon père qui lui-même a trouvé ma Belle-mère qui nous ont fait un merveilleux petit frère. J'ai 11 ans et je suis marraine d'Arthur, le plus beau petit brun qui soit. Nous n'habitons plus chez ma grand-mère, mais un appart un peu spécial, avec une folle au dessus. Passons.
J'fais mes marques dans cette école que je trouve de moins en moins sinistre, j'me créé mon petit groupe d'ami(e)s et on échange des carte Pokémons. La belle affaire. Elodie. Elise. Nathalie. Aline. Tiffany. Matthieu.
Pourtant il va falloir partir, encore, tout quitter une nouvelle fois. Au revoir. Explications. Larmes. Il y a du mieux.
2001.
Le collège, l'épreuve ! J'arrive (encore) quelque part où je ne connais personne (toujours). Le collège, ses libertés, ses grands couloirs. Le collège Vincent Van Gogh.
J'redeviens l'heureuse première de classe et fait mes marques. Je suis décidemment doué pour ce genre de chose ... J'aiguise ma grande gueule et mon sens de la répartie. Déjà je suis intraitable, une petite conne, comme je les aime.
Je rencontre Aline, ma voisine, et notre route va se croiser de nombreuses fois. Je fais de la natation et j'suis pas mauvaise, plutôt même très bonne. Il y aura Marie-Lorraine, également qui habite à l'extrême opposé de mon petit village paumé, village que j'habiterai maintenant. Mes parents n'ont donc aucune pitié.
J'ai 11 ans. Alexandre 5 ans et Arthur 1 an.
12 ans.
Je suis en cinquième, ma meilleure année de collège, maintenant que j'y repense. Je n'ai pas besoin de travailler pour arriver à mes fins. Mais surtout je rencontre les 3 personnes qui changeront ma vie; Aurore, Pauline et Romain.
Romain est arrivé un jour de froid, un lundi, à 9H, alors qu'on travaillait sur les châteaux, une feuille jaune. Il s'est mis, au fond, à côté de Christopher, celui dont j'étais folle à l'époque. Je rencontre aussi Aurore en français, « j'peux me mettre là », le début d'une complicité. Pauline c'est différent, je la connais, mais ne sait pas encore qu'elle deviendra celle sur qui je verserai le plus de larmes.
En cinquième j'en apprend un peu plus sur la vie. On fête mon anniversaire dans une grande salle, 50 personnes sont conviées. Tout va bien. Je suis heureuse.
13 ans.
13 ans le 13 mai. A l'époque, ça me fait bien marrer.
Moins drôle, mon cousin que je considère comme mon grand frère, celui avec qui j'ai été élevé, mon modèle, mon idéal, mon binôme, ma moitié ... Décède. Violent. Mon monde s'écroule, encore, et j'en crève, j'voudrais en mourir mais j'résiste, j'subsiste.
C'est aussi l'annnée de ma deuxième colo, en Corse. Je vivrai plus d'expériences là-bas que mes 9 premières années d'existence.
4ème. Je suis amoureuse d'un trio infernal et Aurore en fait les frais. Je suis insupportable, je rabâche, F.A.C, F.A.C. Fabian. L, Atchoum et Christopher. Je m'affirme comme un c½ur grenadine, je tombe sous le charme, plus vite que mon ombre, beurk.
14 ans.
Dernière année de collège, la grande aventure.
Je fais de la danse (moi !!!) et ma vie va en changer. « Tu veux faire de l'aviron avec moi ? ». Cette phrase dite à Pauline et celle qui débutera réellement notre amitié. On se lance dans la plus grande aventure qui soit, ce sport, notre sport. « Pour aimer l'aviron, il faut se faire mal », on s'en rendra compte quelques années plus tard. Mais l'aviron, c'est aussi Fabian, Fabian, rencontré en 5ème, Fabian c'grand brun qui nous rend facilement et irrémédiablement dingue, Pauline et moi. Mais notre trio ne s'arrête pas là, il y aura également Raphaëlle, lancée dans le même amour aveugle que nous. On forme un quatuor de choc et on en oublie alors le reste du monde. Je perd Aurore, je perd Romain, mais je n'm'en rend pas encore vraiment compte.
Ma mère et Michou, nous offrent Stella, notre petite s½ur.
L'aviron nous forme et nous rapproche, dangereusement. Pauline devient alors ma meilleure amie, naturellement, nous partageons tout, notre sport, nos études, nos amours, nos pleurs et nos doutes. Aussi, après avoir préféré l'italienne de notre groupe, Fabian se rapproche de moi. Le 3 Mars, Pauline, le met sur mon chemin en sacrifiant ses chances à elle. Le 4 mars, nous nous mettons ensemble, Fabian et moi, c'est le début d'une grande histoire, de ma première histoire. Raphaëlle m'en veut terriblement, mais ca, je ne le saurais que quelques années après. Je suis sur mon nuage, je ne vois rien d'autre que lui. Amour inconditionnelle et passionnel. J'aime.
15 ans.
Voyage en Angleterre, amour concret, amitié parfaite. Que demander de plus en ce début de ma quinzième année ?
Et puis je passe en seconde. Fabian et moi ne sommes pas dans le même lycée mais Pauline est encore là, dans la même classe, on forme, elle et moi, la plus belle équipe qui soit.
Le lycée c'est aussi le changement, l'émancipation, la rencontre de nouvelles têtes, de nouveaux délires, de nouvelles envies. J'me détache quelque peu de Lui. Il en souffre, je le sais, mais je ne sais pas ce que ca fait, pas encore.
Adérito. Adrien. Pauline. Lesly. La MDL le mercredi de 11H à 12H. Et comme l'impression que le monde nous appartient.
Février. Il part en vacances, la séparation me rend folle et je retombe sous le charme. Je ne voudrais jamais qu'il parte. Je ne vis alors que pour lui. Un amour inconditionnel et totalement irrationnel. Nous nous suffisons. Au début. Nous nous détesteront, souvent. Nous fêtons nos un ans, et nous nous promettons des tas de choses. Nous faisons des projets. J'aime sa famille autant que lui. Patricia. Daniel. Ils mettront bien plus de temps à me quitter que lui. Nous nous promettons amour et fidélité. J'en oublierai alors le reste de ma vie, en acceptant même de me séparer de mes amis. Seule Pauline reste et comprend, me soutient, tout le temps. Elle est devenue Polochon, elle a son Némo, et nous nous aidons.
A l'aviron tout dérape, Elodie (que j'aimerais passionément par la suite
:) fait son entrée, et après avoir remporté les zones avec notre 4 (Pauline, Marie-Lorraine, Aline et moi), je suis évincée. J'en crèverai. Je me sens trahi. C'est le triste refrain de la vie.
16 ans.
La première S. Je suis séparée de Pauline mais nous savons elle et moi que ca ne changera rien. Elle trouve son Bénou, sa moitié, celui qui est sa plus grande histoire. Il est un souffle d'air, un rire. Bénou est un concept, un sacré concept ! L'aviron ne m'aime plus mais je m'accroche, je rame dans ma sardine et je me bat.
Lui et moi passons de plus en plus de temps à nous déchirer. Ma jalousie, son incompréhension, mon manque de confiance en moi, en lui, en tout, nous pourrissent l'existence. On se fait du mal, sans cesse. Plus il s'éloigne et plus je l'aime, plus il s'éloigne et plus j'en crève. Je m'accroche, je l'étouffe. Nous partons en vacances ensemble, avec ses parents et dans la foulée nous fêtons nos deux ans. J'ose encore croire à ce que nous sommes. IL devient distant, bizarre. Il n'a plus cet air béta quand nous nous voyons, il est dur, il est froid. Je passe la semaine la plus horrible de ma vie et je comprend. Il ne m'appartient plus, une autre à pris ma place. Cette autre, c'est Raphaëlle. Elle m'en avait voulu, je n'avais pas compris, ou n'avais pas voulu comprendre. Je le perd, je me perd et je veux mourir. Plusieurs fois. Je les déteste. Je me déteste. Je déteste ma vie. Tout va trop vite, tout va sans moi. Je suis perdue, je n'ai plus gout à rien. J'arrête tout, de rire, de vivre, l'aviron, tout. Je croyais en nous. Pas LUI. J'voudrais que tout s'arrête, j'voudrais partir, tout quitter. J'écris mes mots d'adieu, les poste mais n'ose pas. Je me hais. J'ai mal. Je voudrais ... ne plus être moi.
17 ans.
C'est comme quand on ressort d'une apnée particulièrement longue. On retrouve tous nos sens. L'ouïe, la vue, le gout, le toucher, l'odorat. Je veux reprendre le cours de ma vie.
Et ILS sont là. Pauline, Romain, Aurore. Ils me tirent du fond du gouffre. Je reprend peu à peu l'envie d'exister, d'être, pour moi. J'ai honte de les avoir oublié ainsi. J'ai besoin d'eux, plus que jamais. Ils sont ma bouée. Mon oxygène. Eux, Rémi et les autres. Ce lycée, ma classe, Coach, Marie-Lorraine, qui essuient mes larmes, qui encouragent mes rires.
Et puis je rencontre d'autres personnes. Nini. Sandra. Lucky. Morgane. Biket.
Je suis entourée, on me soutient, j'ose pour la première fois depuis plus de deux ans à croire en moi, en moi. A penser que je suis quelqu'un, à part entière. J'ai encore mal de son départ, de son abandon, mais je veux y croire, je veux être. Alors, enfin, le monde m'appartient.
Un renouveau, un nouveau départ. Je me donne la chance de vivre ma vie. Je prend mes premières cuites. Je baptise pas mal de lieux. Je ris, et ca fait mal. Je ris encore et je perd l'habitude de pleurer. Belleville devient notre domaine.
Je pars au Portugal et retrouve mes sources. Mon cousin, André. Il me prouve que je suis guérie. Je grandis. Je rentre, c'est dur. D'autant que mon frère, Alexandre, nous tire dans le dos. Il s'en va, il va vivre chez mon père. Je le prend comme un affront et n'y retourne plus. Belle erreur.
18 ans.
Je suis majeure. Je suis en terminale S et je prépare le bac. Pourtant je ne prend rien au sérieux. Je continue sur ma lancée et sors, m'amuse, me rattrape. La vie est belle et mon âge me porte. Pauline, Romain, Aurore et moi formons la Old School ... Nous sommes tellement différents les uns des autres et pourtant ... Nous nous établissons avec la crew dans de nombreux champs qui seront les saints lieux de nos beuveries. On festoie, on s'amuse, on aime, on s'aime. Pauline. Amélie. Guillaume. Renaud. Vincent. Sara. Old School.
Et puis tout s'emballe, j'm'entiche d'un lyonnais qui habite Lyon, 414km. Comme un air de déjà vu. MSN devient mon allié et nous échangeons ce qui doit se rapprocher de 200 heures de communication. J'resouris à nouveau d'un air totalement débile, ce qui effraie Romain, un peu.
Je passe mon BAC, et je l'ai, contre toute attente. Avec mention. Je pars animer une colo en Vendée, histoire de rentabiliser mon BAFA. 180 mômes, 450 heures de travail. 500¤. J'aime l'animation. Je m'y retrouve. C'est totalement moi. Je deviens RS, avec Adérito et Coach, et c'est une aventure que je ne regrette pas.
J'aime aussi le fait de parler tous les soirs à mon lyonnais, en ayant la conscience de faire une belle erreur. Qui pourrait parier sur notre histoire ?
Puis nous partons en vacances, Pauline, Romain, moi, et quelques autres. Le sud. Sainte-Maxime. La grande classe. Notre train retour, s'arrête à Lyon, il n'est pas là. Je me promet de revenir. Ce que je fais, 5 mois plus tard, en décembre, pour lui. C'est le 8 décembre, et c'est aussi le début d'une grande histoire. Notre histoire.
Il est différent de tout ce que j'ai connu avant, bien plus réfléchi, bien plus raisonnable, bien mieux, à vrai dire. Il s'entend avec mes amis, fait des efforts quand je tape mes crises. Avec lui, je n'ai pas besoin de choisir moi ou nous, pas besoin de choisir lui ou mes amis. Avec lui, je peux être moi. Je crois en nous. Il y croit aussi.
19 ans.
L'âge de tous les bilans. Je prend du recul sur tout. Et me rend compte que rien ne pourra jamais remplacer ma Old School. Romain a un appart, Pauline à son Bénou et Aurore a John Lennon. Je n'en veut plus, ni à Fabian, ni à Raphaëlle, et je sors grandie de mes erreurs.
J'entre à la Fac, de droit, et je n'ai (encore) pas envie de prendre ca au sérieux. Je suis avec Coach. Et nous sommes intenables. Il y aura Clo, Hélène, Seb. « Le droit mène à tout, à condition d'en sortir ». En l'occurrence, le droit m'aura juste mené à eux, cette année. Et c'est déjà une grande chose. Le code civil est notre meilleur allié, nous nous débattons dans ce monde de fils et filles à papa, et nous réussissons, plus ou moins, nous réussissons à être ensemble, c'est toujours ca.
Je fais des allers retours incessant, de Nancy à Lyon, de Lyon à Nancy. Je suis présentée à sa famille, et lui à la mienne. Nous faisons les choses biens. Si bien que je décide de partir vivre habiter à Lyon, dans un an. C'est un grand pas, une annonce plus ou moins bien acceptée par ceux qui m'entourent. Je retrouve, par la même occasion, mon père, et toute sa petite famille. Je revis.
J'ai des doutes, j'ai besoin d'être sure, et Romain fait le boulot mieux que personne. J'ai l'impression de perdre Pauline en route, elle a une vie à elle, aussi, maintenant, et je sais que je ne suis plus une priorité. Je la laisse partir en espérant qu'elle reviendra. Je n'ai jamais été douée pour les adieux. Aurore, elle, est fidèle à elle-même, toujours là, quand on a besoin d'elle.
Mes 19 ans, c'est l'âge où je comprend ce qui compte réellement, c'est l'âge où je comprend, qu'il faut parfois savoir partir. Qui restera ? Qui ne restera pas ?
Je me viande à la fac, pour ma première première année, donc j'en entame une deuxième, qui promet d'être meilleure. Notre groupe s'agrandie et accueille entre autres, Florence. Coach reste mon meilleur allié, à la fac, avec les RS.
Aujourd'hui, à la veille d'une nouvelle décennie, à la veille de mes 20 ans, je sais que la séparation sera dure. Et qu'elle le sera pour un grand nombre de raisons. Quand j'y pense, ces 10 dernières années, je me suis construite, détruite, reconstruite. J'ai aimé, détesté, été aimé. J'ai été quitté. Abandonnée. J'ai aussi abandonné. Abandonné des amis. Abandonné ma joie de vivre. J'ai grandie. J'me suis battue. J'ai appris à dire non et à dire merde. Ces 10 dernières années, j'ai fais des choix, pas toujours les bons, mais j'en ai fait, au moins.
Partir, à l'aube de mes 20 ans, c'est un autre de mes choix. Je ne sais pas encore, si c'est le bon, ou pas. Seulement, aujourd'hui, je sais que je ne serais pas seule.
Aujourd'hui, 13 mai 2009, j'ai 20 ans.
Aujourd'hui, je commence une nouvelle page de mon histoire. Y serez-vous ?
J'ai écouté Goddess on a Hiway de Mercury Rev en écrivant tout ca.